Silences

Silences
A l’epaisseur
Du papier parchemin
si fragiles
Qu’on en parle
À peine
Et qu’on froisse
D’un claquement
De doigts
D’un battement de main
Silences
Si profond
Que le pourrait si perdre
En y suivant l’écho
D’une marche égarée
Silences si épais
Que le couteau renonce
Silences
Du bruissement des clochettes
Du muguet au vent de mai
Silences
Vous me manquez
O comme vous me manquez

Poème

Un poème du matin
Avant que le flot amer
Des nouvelles sinistres
N’emporte
Ce que le douce nuit
Apportait de repos
Au chagrin

Un poème du matin
Pour invoquer l’espoir
Et ces mots nobles
Qu’hier on chantait en refrain

Un poème pour tendre
La corde d’amitié
Offrir le brin de paix
Dérouler le fil rouge

Un poème pour trouver
La sortie du labyrinthe
Des cauchemars erratiques
Mettre un peu
La vie en musique
Se donner du bonheur
Et tracer un chemin

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Petit poème

Un poème du soir écrit au petit matin
Un poème du jour à lire dans les coins sombres
Un poème mouillé pour les jours de sécheresse
Un poème du matin quand le soir vous éveille
Un poème de la nuit quand tu n’as pas sommeil
Un poème câlin comme une caresse
Un poème bien aride quand la pluie tombe en trombe
Un poème à tenir dans le creux de la main

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Paris, Paris

Paris, Paris,
cela fait si longtemps
Paris, Paris,
tu me manques vraiment
Paris, Paris,
tes cafés et tes quais
Paris, Paris,
tes ballades que j’aimais
Paris, Paris,
nous nous sommes tant aimés
Paris, Paris,
puis nous nous sommes quittés
Paris, Paris,
quand j’ai quitté tes bras
Paris, Paris,
j’étais comme hors de moi
Paris, Paris,
toi qui as tout connu
Paris, Paris,
toi qui sais mon âme nue
Paris, Paris,
toi qui m’a vue maîtresse
Paris, Paris,
toi qui sais mes détresses
Paris, Paris,
je me languis de toi
Paris, Paris,
j’ai des envies de joie
Paris, Paris,
de tes matins de fête
Paris, Paris,
de tes nuits de tempête
Paris, Paris,
tout me manque de toi
Paris, Paris,
tes pavés et tes voies
Paris, Paris,
ton odeur, ton essence
Paris, Paris,
même ton indifférence

Paris, Paris,
toi qui m’a tout d’abord donné
Paris, Paris,
et toi qui m’a tout pris
Paris, Paris,
Toi que j’ai dévoré
Paris, Paris,
À pleine bouche, à pleines dents, à plein nez,
Paris, Paris,
Mes espoirs, mes tristesses,
Paris, Paris,
Tes morsures, tes caresses,
Paris, Paris,
Au bout de tes audaces et de tes pas perdus
Paris, Paris,
Au bord de tes palaces et de tes mornes rues
Paris, Paris,
la ronde des rencontres oniriques
Paris, Paris,
tes codes, tes détours, tes signes cabalistiques

Paris, Paris,

À continuer, peut-être…

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Tree man

On s’était bien demandé ce qu’il était devenu. Mangé par un cannibale ou enlevé par les extra-terrestres. On s’était demandé, puis on avait oublié. Et voilà que je l’avais retrouvé. Là, sous mon nez.

Ce qu’on ne ferait pas pour échapper aux gens.

Chantal Boivent