Sonnet pour un cabot

Comme un petit chien qui aboie le matin,
Une cloche sonne dans le lointain,
Le coq, vexé, lance un chant serein,
Tandis que le boulanger sort son pain.

Le vent murmure aux rideaux de mousseline,
Un tracteur tousse au bout du chemin,
La vieille radio grésille dans la cuisine,
Diffusant des nouvelles d’hier soir, enfin.

Le chat, paresseux, s’étire sur le mur,
Un vélo grince, un pas traîne encore,
Le facteur siffle un air un peu pur,
Et la porte claque : c’est l’aube qui sonne et qui s’accorde.

Ô village, ton concert est si doux,
Mêlant rires d’enfants et cris de poules,
Que même le cabot, fier et fou,

S’arrête un instant, l’oreille aux aguets…
Puis, d’un bond joyeux, il repart en route,
Aboiant au soleil qui monte et qui roucoule.

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